Macron souhaite «supprimer le RSA en 2020»

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Le Président de la République était en déplacement à La Souterraine (23) ce vendredi 25 août au matin pour rencontrer les salariés de GM&S. Manifestant depuis plusieurs jours leur mécontentement concernant le manque d’écoute des députés LREM vis à vis de leur situation, les ouvriers se sont montrés ouverts au dialogue. Les employés du fabricant de pièces automobiles de la Creuse en redressement judiciaire ont vu débarquer Emmanuel Macron accompagné de ses conseillers dans le but de discuter des solutions envisageables.

En premier lieu, l’ancien ministre de l’Economie leur a exprimé son souhait de supprimer le revenu de solidarité active «afin d’éviter que les futurs chômeurs que vous êtes bénéficient des aides de l’Etat pour se la couler douce». Plus tard dans la matinée, Emmanuel Macron s’est montré ferme quant à sa volonté de relancer l’emploi en France: «Si on vous laisse les aides, une fois vos droits au chômage arrivés à échéance, vous n’allez rien faire. Je ne veux pas d’une France où les gens qui ne sont rien profitent de ceux qui travaillent. En 2020, le RSA et l’oisiveté, c’est terminé. Je veux une France dynamique où le travail est la première des préoccupations». Des mots qui rappellent son discours d’inauguration de Station F, le plus grand incubateur de start-up au monde lancé par Xavier Niel, en juin dernier.

Les salariés ont réagi par des applaudissements fournis, certains allant jusqu’à serrer la main du Président à la fin de son allocution. Ce fut le cas de Paul-Louis Bourglickx, originaire de Lille: «J’ai voté pour lui au premier tour, j’aime bien sa façon de parler, comment qu’il bouge (sic). J’ai pas tout compris mais là il a l’air de vouloir qu’on bosse et ça me plaît.» Même son de cloche chez Marylou Berlinard, native de la Creuse, qui apprécie la motivation du fondateur d’En marche ! : «Aucune solution supplémentaire n’a été apportée à notre sujet, mais il parle bien, il est jeune et beau. Il semble savoir de quoi il parle et il est sûr de lui. Une telle détermination ne peut que nous être bénéfique.»

Une seule offre de reprise a été formulée jusqu’alors et celle-ci promet la conservation de 120 emplois sur les 277 initiaux. Une solution connue depuis plusieurs semaines qui semble être un moindre mal aux yeux de l’employé chargé de la presse hydraulique, Arthur Madjick-Gahdro: «Bah c’est déjà pas mal, hein! Moi, je vais être obligé de quitter mon poste, mais mes gars pourront repartir du bon pied et garder leur emploi. Tant pis pour moi, tant que l’économie de notre pays remonte la pente, ça me va.» Ce dernier reste cependant étonné par les propos du Président, qu’il estime éloignés du sujet de la reprise de GM&S: «Elle est plutôt bonne son idée de suppression de RSA, elle m’empêchera de me reposer sur mes lauriers une fois que j’aurai plus mes droits au chômage. Par contre, je ne sais pas pourquoi il a parlé de ça aujourd’hui, on pensait qu’il allait nous sortir un nouveau repreneur» s’est questionné l’employé âgé de 49 ans.

Notre équipe a pu entrer en contact avec l’un des conseillers du locataire de l’Elysée, qui nous a affirmé que l’ancien énarque s’était trompé de discours et avait récité celui prévu dimanche, pour sa rencontre avec les actionnaires du groupe LVMH. Une erreur apparemment sans conséquence, tant les salariés de GM&S semblaient convaincus par les idées prônées par Emmanuel Macron.

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