Épidémie de coronavirus : un premier cas sur le territoire français ?

Sourcewww.ladepeche.fr


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Une femme originaire de la ville de Wuhan (d’où est apparu un nouveau virus mortel) et présentant des symptômes inquiétants, a fait savoir sur les réseaux sociaux qu’elle avait réussi à passer les contrôles à l’aéroport et à entrer dans sur le territoire français. Localisée dans la région de Lyon, l’ambassade de Chine en France l’a identifiée et l’a sommée de contacter les secours. En parallèle, les autorités chinoises ont adopté une série de mesures de confinement dans plusieurs villes chinoises.

Le coronavirus aurait-il fait son entrée en France ? C’est en tout cas la préoccupation de l’ambassade de Chine dans l’Hexagone. Inquiète, ce jeudi, celle-ci a posté un message sur son site internet, indiquant qu’une femme originaire « de la ville de Wuhan a posté, dans l’espace Moments de son compte Wechat, des informations prétendant qu’elle avait des symptômes de fièvre et de toux ». Selon l’ambassade de Chine en France, celle-ci aurait « pris des antipyrétiques » pour baisser sa température et ainsi réussir « à passer le contrôle à l’aéroport et à entrer dans le territoire français ».




Localisée à Lyon, la jeune femme a été priée ce 22 janvier de prendre « contact avec la personne concernée, Madame Yan, et lui a demandé d’appeler rapidement le 15, pour qu’elle soit prise en charge par les urgences ».

Interrogée ce jeudi 23 janvier à Paris, Agnès Buzyn, Ministre des Solidarités et de la Santé, a indiqué « qu’aucun cas douteux » n’avait été pour l’heure détecté en France. « Deux cas ont investigués, mais se sont avérés négatifs », a précisé la ministre.

En Chine, le virus a déjà fait 18 morts dans le pays. Près de 600 personnes ont contracté le virus, essentiellement à Wuhan, la métropole chinoise où est apparu le virus mortel. L’épidémie s’est propagée à plusieurs autres pays dont les Etats-Unis, la Corée du Sud, la Thaïlande, Taïwan, Hong Kong et le Japon.

Deux villes confinées

Les autorités chinoises ont pris la décision, (qui a pris effet à 10 heures du matin heure locale, 3 heures en France), d’interdire la circulation des train et des avions « en provenance et à destination de Wuhan (une métropole qui compte 11 millions d’habitants, en plein centre de la Chine). Les péages aux sorties autoroutières de la ville sont fermés. Une mesure qui vise à « contenir efficacement le rythme de la propagation de l’épidémie » afin de sauver des vies, a expliqué le centre de commandement mis en place contre le virus à Wuhan, selon la chaîne de télévision publique CCTV. « Les habitants ne doivent pas quitter Wuhan sans raison spécifique », a annoncé de son côté le Quartier général chargé de la lutte contre l’épidémie au niveau municipal.




La ville voisine de Huanggang à 70 km à l’est, qui compte 7,5 millions d’habitants, fait l’objet de mesures similaires. La circulation des trains devait y être interrompue jusqu’à nouvel ordre à compter de la fin de journée. Tout près, Ezhou (1,1 million d’habitants), a déjà fermé sa gare. Aux portes de la Chine, Hong Kong a transformé deux camps de vacances en zones de quarantaine destinées aux personnes susceptibles d’avoir été en contact avec des porteurs du virus.

Inquiétude mondiale

Des mesures saluées par l’OMS. À Genève, le directeur de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a salué mercredi les mesures « très, très fortes » prises par la Chine, estimant qu’elles allaient « diminuer » les risques de propagation hors de ses frontières.

Une « urgence de santé publique de portée internationale » ? Elles sont intervenues alors que l’OMS réunissait son comité d’urgence pour décider si le nouveau virus constitue une « urgence de santé publique de portée internationale ». L’OMS n’a jusqu’ici utilisé le terme d’urgence internationale que pour de rares cas d’épidémies requérant une réaction mondiale vigoureuse, dont la grippe porcine H1N1 en 2009, le virus Zika en 2016 et la fièvre Ebola, qui a ravagé une partie de l’Afrique de l’Ouest de 2014 à 2016 et la RDC depuis 2018.

En 2002-2003, 774 personnes tuées par le Sras

Le virus, de la même famille que le Sras (Syndrome respiratoire aigu sévère), a gagné plusieurs pays d’Asie et même les Etats-Unis. Les contrôles de température corporelle se sont généralisés dans plusieurs aéroports, notamment à Dubaï, l’un des plus grands du monde, visant tous les passagers en provenance de Chine et pas seulement de Wuhan.

L’OMS avait à l’époque du Sras, en 2002-2003, vivement critiqué Pékin pour avoir tardé à donner l’alerte et tenté de dissimuler l’ampleur de l’épidémie. Le Sras avait tué 774 personnes dans le monde dont 648 en Chine y compris Hong Kong.
La crise a fait baisser les marchés financiers, en Asie comme en Europe, par crainte de ralentissement de la Chine, deuxième économie du monde. La Bourse de Shanghai a perdu près de 3% et le pétrole a lui aussi perdu du terrain.

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