La grève du 5 décembre au 20h de France 2 : quatre jours de propagande

Sourcewww.acrimed.org


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Après une observation du 20h de France 2 du 1er au 4 décembre, le bilan est sévère pour le service public. Son traitement de la grève du 5 décembre, qui n’invite à aucune prudence langagière, se résume en un mot simple : la propagande.

Commençons par quelques chiffres : sur les quatre jours ayant précédé la journée de grève du 5 décembre, la rédaction du 20h a consacré 25 sujets à cette journée, pour un total de près de 52 minutes. Sur ces 25 sujets, seuls quatre sont « dédiés » réellement au fond de la réforme : deux sur les régimes spéciaux, un autre sur le montant des pensions et le quatrième, prétendant « suivre » un syndicaliste (nous y reviendrons). Syndicalistes qui sont, du reste, totalement marginalisés dans les différentes éditions, puisqu’ils ne s’expriment sur le « fond » du sujet que… 1 minute et 8 secondes au total [1] !

Un « temps de parole », si on peut encore l’appeler ainsi, qui contraste avec celui accordé aux usagers, dirigeants d’entreprises, hôteliers, commerçants, cadres des hôpitaux interrogés sur l’organisation de leurs services, cadres de la SNCF, personnels non-grévistes de la RATP ou tout autre interlocuteur « impacté », que la rédaction a choisi de mettre au premier plan de ses reportages : 7 minutes et 38 secondes : soit sept fois plus que les syndicalistes.

Mais alors, de quoi France 2 a-t-elle bien pu parler ? Eh bien de ce dont ont parlé la plupart de leurs confrères, comme nous l’avions noté dans le cas du Journal du dimanche et du Parisien : du coût des régimes spéciaux, de l’organisation des usagers, de la galère à venir, du micmac des patrons d’entreprises et, bien sûr, des risques de « dérapages » en série. En images, et les sujets sont exhaustifs, ça donne ceci [2] :

Arrêtons-nous sur quelques exemples (on vous épargne les multiples reportages annonciateurs de « la galère »).

En premier lieu, une enquête signée du communicant Laurent Delahousse, qui lui vaudra à coup sûr le prix Albert Londres. Après s’être demandé « quelle sera la couleur du ciel sous le front social en fin de semaine ? Tempête ou ouragan sur les retraites ? », le météorologue, maître-cireur mais également analyste sportif, se penche sur les « éléments de langage » du gouvernement. Analyse :

Je vous le disais, le gouvernement est réuni ce soir à Matignon afin de dresser la feuille de route des prochains jours, coordonner les éléments de langage. Et le premier message de communication était visible aujourd’hui dans le dress-code du jour, dans le catalogue vestimentaire. Chemise ouverte, jean et baskets. Volonté clairement affichée de ne pas sur-jouer la tension, bien au contraire.

On attend avec impatience le « décryptage » du prochain message de communication ! Une analyse qui a succédé à un reportage tout aussi brillant sur le coût des régimes spéciaux, ayant notamment valu à France 2 un droit de réponse de la part des avocats. Dommage pour la rédaction de France 2, car ce n’était pourtant pas la corporation qu’elle avait le plus dans le viseur… Vous devinez laquelle ? Et vous avez raison :

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