Le chef de l’État s’est dit mardi opposé à l’interdiction des listes communautaires aux prochaines élections municipales et a appelé « collectivement à la prudence » sur le sujet, devant le Congrès des maires de France à Paris.

Emmanuel Macron a promis, mardi 19 novembre, de nouvelles mesures contre le communautarisme « dans les prochaines semaines », mais s’est déjà prononcé contre l’interdiction des listes communautaires aux prochaines élections municipales dans un discours devant le Congrès des maires de France.

Visant « l’islam politique » et ceux qui ont « un projet de séparation d’avec la République », le chef de l’État a affirmé que le gouvernement porterait « des actions nouvelles concrètes dans les prochaines semaines ». Mais, face aux listes électorales communautaires, « il ne s’agit pas de proclamer l’interdiction pour régler le problème », a-t-il assuré, soulignant la difficulté de les identifier.

Un appel à la « prudence »

« Comment définirait-on les listes communautaires, qui en serait le juge, selon quels critères ? », a-t-il poursuivi. « La vie politique est ainsi faite que les choses peuvent changer. Nous avons des règles claires, faut-il ici les bousculer parce
que soudain les esprits s’échauffent ? Je nous appelle collectivement à la prudence, pas celle qui mène à l’inaction mais celle qui conduit à ne pas renoncer aux libertés de la République ».

Jugée marginale par les observateurs, la question des listes communautaires en France revient sur le devant de la scène à l’approche des élections municipales de mars prochain.

0,13 % des voix lors des élections européennes

Derrière cette appelation figure l’Union des démocrates musulmans français (UDMF) qui se défend de tout communautarisme mais est accusé de véhiculer un « islam politique », selon plusieurs ténors de la droite, comme le chef de file des sénateurs Les Républicains (LR), Bruno Retailleau.

Ce parti créé en 2012 n’a recueilli que 0,13 % des voix, c’est-à-dire 28 469 bulletins de vote dans toute la France, avec quelques scores notables dans certains quartiers populaires, lors des précédentes élections européennes.

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